Emma BD épisiotomie

[ BLOG ] L’épisiotomie fait la Une : Retour sur la semaine où ma veille s’est emballée

[Article publié le 31 juillet 2017, mis à jour le 7 Août 2017]

“Alors comme ça on déconnecte un peu et on se réveille avec #épisiotomie faisant les gros titres des journaux ?!” La surprise de Doulavocate sur Twitter résume bien le séisme qui a secoué le monde de la naissance la semaine dernière, suite à l’évocation dans l’enceinte du Sénat, des violences obstétricales. Pour celles et ceux qui auraient pris des vacances, je vous propose de faire le point sur cette surprenante semaine en trois actes.

Doulavocate on twitter

[Les sources de cet article proviennent de mes alertes Google et feeds twitter et Facebook, qui n’a pas vocation à être exhaustif. N’hésitez pas à me signaler tout article paru depuis le 20 juillet et que je n’aurais pas cité dans la partie commentaires, avec la date de parution et le lien.]

Prologue

L’apparition sur la scène politico-médiatique des violences obstétricales est le fruit de plusieurs années de travail par différent.e.s acteur.rice.s, comme le CIANE (Collectif InterAssociatif autour de la Naissance), les réseaux sociaux (groupe Faceboook Stop à l’Impunité des Violences Obstétricales (Sivo), hashtag #PayeTonUtérus sur Twitter), le blog de Marie-Hélène Lahaye (Marie accouche là), le groupe Gyn & Co et de journalistes. D’ailleurs, le 17 juillet, soit quelques jours avant les déclarations de la Secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les Femmes et les Hommes, l’émission Le Débat de Midi sur France Inter portait sur la maltraitance médicale (avec Marie-Hélène Lahaye, Odile Buisson et Dominique Dupagne). L’attitude d’Odile Buisson lors de ce débat illustre deux tendances que l’on retrouve dans les articles ci-dessous, soit la remise en cause de la parole des femmes et le renversement de situation, en focalisant le débat sur la maltraitance envers les soigant.e.s. Pour deux critiques élaborées du débat, je renvoie vers les posts de Marie-Hélène Lahaye et Martin Winckler.

Acte I : l’audition de Marlène Schiappa et la commande au HCE-fh

Tout commence le Jeudi 20 juillet. Lors de son audition par la Délégation Droits des Femmes au Sénat, Marlène Schiappa évoque les violences que vivent certaines femmes lors de leur accouchement et annonce qu’elle a commandé un rapport au Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCE-fh) sur le sujet (à 9min50 de la vidéo). Elle mentionne 75% d’épisiotomies, mais n’explicite pas qu’elle se réfère-là à une enquête menée par son association, Maman Travaille, auprès de près de 1000 femmes. Comme on peut le constater sur mon graphique, l’annonce n’est pas immédiatement suivie d’un emballement médiatique (j’ai classé cette annonce dans communiqué de presse (CP), pour faciliter la lecture).

Donc au final, tout commence vraiment le Lundi 24 juillet, suite au communiqué de presse publié sur le site du Secrétariat. Une polémique naît notamment grâce à la réponse quasi immédiate et pleine de bienveillance du Conseil National des Gynécologues et Obstétricien.ne.s es (CNGOF), communiqué qui est repris par une dépêche AFP. Vous pouvez lire le communiqué du CNGOF en entier ici (spoiler: pas de remise en cause des pratiques). Dans la soirée, Le Monde publie le premier article sur la guerre des chiffres, soit le faux désaccord sur le nombre de périnées coupés.

Acte II: la controverse des chiffres

Le 25 juillet, on le voit sur le graphique, c’est l’explosion médiatique. C’est le jour où le plus de papiers sont publiés. La plupart des articles sont explicatifs, définissant ce que sont les violences obstétricales et/ou l’épisiotomie (FranceTv infoRMC) et abordant souvent la question de la fréquence des épisios (Libération ;20 minutes ; Le Monde/ Les Décodeurs ; LCI).

Le même jour, l’interview d’Israël Nisand sur BFM nous montre qu’on est loin d’une remise en question de la relation soignant.e.s – soigné.e.s, tandis que France Bleu en profite pour nous rappeler qu’à la maternité de Besançon, le taux d’épisiotomie est de 1% (oui, c’est possible).Sur FranceInter Israël Nisand frappe encore en qualifiant Marlène Schiappa de “populiste”. Dans son communiqué de presse, l’Institut de Recherche et d’Action pour la Santé des Femmes (IRASF) se réjouit quant à lui de la commande du rapport au HCE-fh.

Peu d’articles datés du 25 juillet donnent la parole aux femmes, sûrement en raison du temps pour récolter les témoignages. Le seul qui apparaît est celui de FranceTv Info, publié en 2016 et actualisé ce jour-là. Pour l‘Express et sur son blog, Marie-Hélène Lahaye explique l’importance que revêt l’emploi de ce terme au niveau politique. Un article du lendemain de Femme Actuelle reprend aussi des témoignages de femmes publiés plus tôt dans l’année dans la presse et sur Facebook (Paye ton Gynéco et le Sivo).

Le 26 juillet, on continue avec les débats autour des chiffres (Public Sénat). Israël Nisand, qui avait décliné l’invitation à débattre sur France Inter le 17 juillet (cf début de cet article), accepte celle de RMC, pour (surprise) continuer à ne pas écouter les femmes. Ce même jour le SYNGOF publie un communiqué de presse appelant à la démission de Marlène Schiappa. De son côté, Atlantico publie une interview d’Odile Buisson qui juge que les violences obstétricales sont un “phénomène exagéré”. A contrepied, deux interview, celle de Martin Winckler dans Ouest France (qui propose de voir l’épisiotomie comme une mutilation sexuelle) et celle de Clara de Bort dans Marianne (qui rappelle que les personnes à utérus ont aussi des cerveaux) viennent apporter un débat de fond sur le traitement des femmes et de leurs corps. Consoglobe se réjouit de la “levée d’un tabou”, et inclut dans son article la vidéo de Draw My News qui explique en dessins ce qu’est l’épisiotomie.

Acte III: la parole aux femmes

Le 27 juillet, dans son communiqués de presse, le Conseil National de l’Ordre des Sages-Femmes (CNOSF) se félicite du rapport commandé par la Secrétaire d’Etat. En revanche, sur France Inter, l’invitée de 7h50 Ghada Hatem tient la ligne du discours CNGOF en ne remettant pas en cause ses pratiques et déconsidérant l’expérience des près de 750 femmes interrogées par Maman Travaille qui ont subi une épisiotomie. Dans l’Humanité,  Marie-Hélène Lahaye s’interroge quant à elle sur l’impact aux violences obstétricales sur la vie des femmes, notamment en termes de stress post-traumatique.

C’est à partir de ce jour que les paroles des femmes prennent plus d’ampleur dans les medias. Slate se pose la question du consentement et Cheek Magazine nous conseille fortement la lecture de l’article de FranceTv Info susmentionné (25 juillet).

Le 28 juillet, le communiqué de presse du CIANE conclut que les bourdes sur les chiffres peuvent être utiles en politique. Un article de RTL Girls explicite les différentes formes de violences, à l’aide de témoignages. Les témoignages de femmes sur la violence obstétricale (Ouest France) croisées d’interview de médecins (Clara de Bort pour Marianne ; Nesrine Callet également pour Marianne), mettent en lumière les expériences  douloureuses des femmes pendant leur accouchement. A cette occasion, la BD d’Emma sur l’épisiotomie de son amie Cécile (parue en 2016) resurgit via une interview sur LCI (j’en profite pour la remercier de m’avoir autorisée à utiliser une des planches pour illustrer ce post).

La semaine continue et le 29 juillet, RTL Girls fait le point sur la polémique un article en Anglais dans the Times aborde la polémiques des chiffres de l’épisiotomie, mais surtout pour s’en prendre à la Secrétaire d’Etat sur d’autres sujets. Et sur la page Facebook de la maternité de Nanterre, Benoît de Sarcus se retranche derrière un discours sur le risque, lui qui dans l’article de FranceTV Info du 25 juillet dénonçait la pratique de l’épisiotomie.

Pour clore cette semaine incroyable, le 30 juillet le Journal du Dimanche publie une tribune de Marie-Hélène Lahaye, en face de celle du SYNGOF. Les divergences sont toujours là, tant il semble impensable que les femmes puissent exercer un contrôle sur leur propre corps. La bataille de pouvoir autour du sexe des femmes continue, espérons que le futur rapport du HCE-fh permettra, au-delà des chiffres, d’amener un débat de fond sur les pratiques en salles de naissance.

graphique épisiotimie media France 21 juillet 06 août
L’épisiotomie dans les medias du 20 juillet au 06 août

Acte IV: le tweet de la relance

Une nouvelle semaine, une nouvelle polémique (même si l’emballement médiatique est moins important, comme on peut le voir sur le graphique). Le 1er août, Marie-Hélène Lahaye (oui, toujours) publie sur Twitter la photo d’un extrait du livre les Paresseuses, partagée dans le groupe Facebook SIVO. L’extrait en question explique aux femmes enceintes que durant leur accouchement leur “intimité va se transformer en hall de gare”, les conditionnant ainsi à subir des violences. Ce tweet est partagé plus de 800 fois. LCI publie immédiatement un papier. L’information est reprise le lendemain par le Huffpost, BFMtv et Femme Actuelle.

Cette polémique relance le débat sur les violences obstétricales, et le 2 août le Nouvel Obs publie une interview avec Sarah Lahouari, co-fondatrice de Paye ton Gynéco sous le titre “Il faut arrêter l’omerta”. Le même jour sur le site de Neon Mag Didier Riethmuller répète que l’épisiotomie ne devrait pas être automatique, tout en rêvant d’une France qui serait le modèle à suivre en termes de pratiques gynécologiques (spoiler: on n’y est pas encore).

Le 3 août, pour la première fois les violences obstétricales sont évoquées sur une chaîne d’information; BFMtv partage le témoignage d’une mère et une interview de Mélanie Dechalotte. Pour les militantes, c’est un moment historique. Il reste cependant du chemin à faire puisque le lendemain, 4 août, Capital pose la question de la maltraitance gynécologique, mais y répond en Oui/Non/Peut-être, ce qui revient à remettre en cause la parole des femmes.

Je termine sur un appel à témoignages pour Le Monde. Si vous souhaitez partager votre histoire, c’est PAR ICI.  [On signale un dysfonctionnement sur la plateforme, n’hésitez pas à écrire au Monde sur Facebook ou Twitter si c’était le cas].

Épilogue: internationalisation des débats

Le débat autour de l’épisiotomie et des violences obstétricales a résonné au-delà des frontières françaises. Le 29 juillet, soit dès la première semaine où le sujet est fortement médiatisé en France, la question s’invite en Belgique. Le Soir publie une interview de Marie-Hélène Lahaye et Fabienne Richard (directrice du Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles) sur l’épisiotomie. Le même jour, DH.be publie des témoignages de violences obstétricales (d’ailleurs le titre est quasi identique à l’article de France Info “quand l’accouchement vire au cauchemar”). Le 31 juillet c’est le journal néerlandophone De Morgen qui publie aussi un article sur le sujet.

Enfin le 6 août Yabiladi.net se demande ce qu’il en est au Maroc, où la pratique semble également banalisée. Dommage que la sage-femme interviewée s’intéresse plus aux risques d’une épisiotomie mal faite/recousue plutôt que d’interroger la pratique en elle-même.

Espérons que le débat continue, et permette de recueillir des statistiques en France, en Belgique et au Maroc, et à interroger encore et toujours la nécessité de l’épisiotomie et à dénoncer les actes non consentis.

[ PUBLICATION ] Les sages-femmes traditionnelles du Chiapas : Une approche holistique de la grossesse et de l’accouchement

[Originally published in Grandir Autrement, Hors-Série n9, 2015]

« Le don qu’a la sage-femme lui a été donné par Dieu. Ce n’est pas quelque chose de facile, d’accompagner un accouchement ; ce n’est pas pour n’importe qui… Car l’objectif principal est la vie du bébé et de la maman. Les sages-femmes travaillent jour et nuit, à n’importe quelle heure ; il y a constamment du travail pour les sages-femmes, et c’est maintenant qu’il faut transmettre ces connaissances pour le bénéfice de la maman et de sa famille. (…) Il ne faut pas perdre ces traditions médicinales, car elles se transmettent de génération en génération »

Ces paroles d’une sage-femme Maya ont été prononcées lors de la rencontre de sages-femmes traditionnelles de l’Organisation des Médecins Indigènes de l’Etat du Chiapas (OMIECH) en Février 2014. Depuis plus de trente ans, OMIECH compile et défend les savoirs des médecins traditionnels Mayas (Tseltals et Tsotsils) – guérisseurs et sages-femmes – depuis plus de trente ans, face à une médicalisation grandissante de la grossesse et de l’accouchement au Mexique (où près d’une naissance sur deux se fait par césarienne[i]). En effet, les aides gouvernementales aux familles pauvres obligent les femmes à pratiquer le suivi de leur grossesse par un médecin plutôt qu’une sage-femme traditionnelle, et à accoucher dans un milieu hospitalier plutôt qu’à leur domicile – ce qui est pourtant la norme culturelle. Pourtant, les sages-femmes traditionnelles restent des alliées incontournables pour les femmes de leur village. Elles connaissent parfaitement les conditions de vie de ces dernières, et savent les conseiller sur le plan nutritionnel, psychologique et physique. Elles n’hésitent pas non plus à marcher plusieurs kilomètres, quel que soit le climat ou l’heure du jour ou de la nuit, afin de répondre à l’appel d’une future maman.

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Dessin d’Alice Bafoin

Les mains au cœur de la pratique

Dans les villages des Hauts Plateaux du Chiapas, les sages-femmes traditionnelles accueillent plus de 70% des naissances. Leur principal outil de travail, ce sont leurs mains, qui, par le toucher, peuvent donner une date d’accouchement prévisionnelle, dévoiler le sexe du bébé, ou détecter un mauvais positionnement et replacer le bébé correctement. Mais les sages-femmes se basent également sur leur ample connaissance de leur écosystème et des propriétés des plantes médicinales, qui leur ont été transmises par les générations précédentes et au travers de leurs rêves, afin d’accompagner les femmes de leur communauté tout au long de leur grossesse, au cours de l’accouchement et pendant le postpartum.

Ainsi, dans les montagnes embrumées de cet Etat du Sud-Est du Mexique, les femmes Mayas qui se rendent chez leur sage-femme lui racontent les mauvais rêves qu’elles ont pu avoir, parlent de leur relation avec leur époux et leurs beaux-parents (chez qui les jeunes couplent habitent durant leurs premières années de mariage), et décrivent ce qu’elles ressentent dans leur corps. Ces conversations permettent à la sage-femme de conseiller la maman sur les aliments qu’elle devrait consommer, lui prescrire des recettes à base de plantes, d’expliquer au papa et à la belle-famille comment prendre soin d’elle, et parfois organiser une cérémonie afin d’éloigner les mauvais esprits et tranquilliser la famille.

L’importance de la chaleur

Pour les Mayas, la femme enceinte accumule de la chaleur au cours de sa grossesse. Lors de l’accouchement, la perte de sang équivaut à une perte de chaleur, un refroidis- sement qui peut être dangereux pour la maman. Le bon déroulement de l’accouchement est intimement lié à la création et au maintien d’un environnement chaud, qui rééquilibre la balance chaud/froid dans le corps de la femme. La sage-femme, qui s’est déjà rendue au domicile de la famille lors de visites prénatales, a repéré les plantes présentes aux alentours, et apporte dans son sac celles qui n’y sont pas et dont elle aura besoin. Les membres de la famille aident la sage-femme en faisant chauffer l’eau pour les différents thés et lavements, et maintiennent la chaleur de la pièce en alimentant constamment le feu. La future maman ne se dénude pas, elle garde sa blouse et sa jupe pendant le travail et l’accouchement. Elle alterne les positions, la plus classique étant d’être accroupie accrochée au cou de son époux, lui-même assis sur une chaise. Chez les Catholiques, la sage-femme accompagne l’événement par des chants, bougies, et prières. Après la naissance de l’enfant et du placenta, la maman reprend des forces en consommant un bouillon de poulet. Le placenta est enterré près de ou à l’intérieur de la maison. Après le repas, la sage-femme nettoie la pièce et les draps, et fait des recommandations à la famille sur les aliments à consommer. Elle reviendra rendre visite à la maman et au nouveau-né pour des visites postpartum dans les jours qui suivent.

Ces différents éléments thérapeutiques – chaleur, plantes, prières – ainsi que le respect de l’intégrité du corps de la femme (les sages-femmes effectuent peu ou pas de touchers vaginaux) contrastent avec le traitement que reçoivent les femmes qui accouchent dans les hôpitaux publics. Face à un personnel qui très souvent ne parle pas le Tsotsil ou Tseltal, seules dans un environnement froid, la modernité se paie au prix du confort et du respect du corps. C’est pour cela que de nombreuses femmes et familles refusent de se rendre à l’hôpital, malgré les pressions gouvernementales.

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Des ponts pour l’avenir

Malgré des études démontrant la sécurité d’un accouchement à domicile planifié pour les grossesses normales[ii], la médicalisation de l’accouchement est un phénomène global. En France, les changements timides tels que l’ouverture de maisons de naissance, ne doivent pas faire oublier la persécution que subissent les sages-femmes pratiquant l’accouchement à domicile[iii]. En France comme au Mexique, les sages-femmes et les familles s’organisent afin d’offrir aux mamans un accouchement ailleurs qu’à l’hôpital, et de préserver des savoirs respectant la physiologie du corps. Basée à Rennes, l’Association Mâ organise des échanges interculturels sur le sujet, en mettant en parallèle les luttes françaises et chiapanèques et en aidant l’Organisation des Médecins Indigènes du Chiapas à continuer d’organiser des rencontres de sages-femmes traditionnelles, afin que les bébés du Chiapas continuent à être accueillis par de si bonnes mains[iv].

[i] Chiffres de l’OCDE sur le site de l’association Césarine http://www.cesarine.org/avant/etat_des_lieux.php

[ii] Janssen, Patricia A., Lee Saxell, Lesley A. Page, et al. 2009. Outcomes of Planned Home Birth with Registered Midwife versus Planned Hospital Birth with Midwife or Physician. CMAJ : Canadian Medical Association Journal 181(6-7): 377–383.

[iii] Les Femmes sages. Syndicat National des Sages-Femmes pour l’Accouchement à Domicile http://snsfaad.weebly.com/

[iv] Pour plus d’information, vous pouvez consulter le Blog de l’Association Mâ http://blogdelassociationma.blogspot.fr/ et la page Facebook de la Section Femmes et Sages-Femmes d’OMIECH (en Espagnol) https://www.facebook.com/areademujeresomiech