[ PUBLICATION ] Maltraitance des corps et mépris des pratiques culturelles

Article paru dans Actualité Sages-Femmes n93, Octobre 2018

Maltraitance des corps et mépris des pratiques culturelles dans les maternités publiques au Mexique.

« Ce sont comme des usines. Les femmes, ils nous traitent comme si on était des poules ou des animaux. “Mettez-la ici, et l’autre là” [disent les médecins], comme si on était… ». Alma avait 17 ans lorsqu’elle accouche pour la première fois, dans une clinique publique de San Cristóbal de Las Casas, la capitale culturelle de l’Etat du Chiapas, dans le Sud du Mexique. La jeune femme d’origine Tseltal[i] est née à domicile, dans un village près de San Cristóbal, où elle vit à présent. Les maltraitances qu’elle a vécues lors de son premier accouchement (violence verbale, actes non consentis) l’ont poussée à chercher une alternative lors de sa deuxième grossesse. Son deuxième accouchement a ainsi eu lieu dans une maison de naissance de la ville : « Contrairement à ma première grossesse, je connaissais le processus, je savais comment cela allait se passer. Mais je n’avais plus peur. J’étais très contente car je savais que mon conjoint, mon père et ma mère allaient être présents. Cela m’a rassurée ».

J’ai rencontré Alma lors d’une enquête sur l’impact des politiques de santé maternelle, et en particulier celles portant sur la formation des sages-femmes traditionnelles et sur l’accès aux soins des femmes, menée entre 2013 et 2015 dans le Chiapas[ii]. Au cours de cette recherche, j’ai conduit plus d’une centaine d’entretiens avec des sages-femmes traditionnelles, des travailleur-se-s de santé, des médecins, des obstétricien-ne-s et des familles dans plusieurs régions du Chiapas. J’ai également mené neuf mois d’observation-participante auprès de l’Organisation des Médecins Indigènes du Chiapas (OMIECH) qui organise des ateliers de santé communautaire, et partagé le quotidien de trois sages-femmes traditionnelles.

Dans les zones rurales du Chiapas, les sages-femmes traditionnelles accueillent environ 70% des naissances, contre moins de 20% au niveau de l’Etat. Ces femmes ont acquis leurs connaissance par le biais d’apprentissage onirique (elles reçoivent leurs connaissances à travers leurs rêves) et/ou empirique (à la suite de nombreuses grossesses ou en accompagnant leurs parentes sages-femmes)[iii]. Le suivi de grossesse se déroule au domicile de la femme enceinte ou de la patiente (Image 1), et l’accouchement a lieu chez la patiente, qui vit elle-même avec sa belle-famille. L’accouchement est un événement qui requiert beaucoup de chaleur (feu, tisanes, massages) pour contrebalancer la perte de fluide. Tout au long du travail, la patiente ne se dénude pas, elle reste vêtue, et la sage femme n’effectue pas ou peu de touchers vaginaux. La patiente se déplace dans la pièce, et est souvent libre d’essayer plusieurs positions d’accouchement, la plus commune étant sur les genoux, les bras autour de l’époux (ou une autre personne) assis sur une chaise.

Depuis les années 1990, la médicalisation de l’accouchement s’est accélérée au Mexique, en étroit lien avec les objectifs de diminution de la mortalité maternelle[iv]. Au cours des 25 dernières années, la proportion de naissances en milieu hospitalier est ainsi passée de 22,4% à 72,9 %[v]. Cette médicalisation de la santé reproductive des femmes pauvres repose sur deux mécanismes. D’une part, les femmes enceintes sont captées par le système de santé public dès le début de la grossesse par le biais du programme de transfert monétaire Prospera, qui vise à lutter contre la pauvreté par un principe de « co-responsabilité ». Les bénéficiaires de Prospera doivent par exemple se rendre à des ateliers de santé mensuels dans les cliniques ou encore réaliser leur suivi de grossesse au sein du système de santé, sous peine de se voir radiées du programme et de perdre ainsi un apport économique important. Les visites prénatales obligatoires socialisent les femmes à la biomédecine. Lors de ces visites, les médecins encouragent leurs patientes à accoucher dans des maternités plutôt qu’à domicile. De leur côté, les sages-femmes traditionnelles sont elles aussi captées par le système de santé, puisqu’elles doivent suivre des formations mensuelles dispensées par le personnel des cliniques rurales (Image 2), qui les encourage à transférer leurs patientes vers le système de santé public[vi].

Or, lorsqu’elles se rendent dans les hôpitaux publics, les femmes que j’ai rencontrées au cours de mon enquête se sont plaintes d’avoir été confrontées à des barrières de langue, aux remarques racistes et sexistes du personnel ainsi qu’à des violences physiques, psychologiques et verbales. Si certaines expériences sont violentes en elles-mêmes, d’autres relèvent d’une méconnaissance voire de mépris envers les pratiques socio-culturelles de l’accouchement, pouvant négativement impacter l’expérience des femmes Mayas, comme détaillé ci-dessous.

nudité : lorsqu’elles accouchent à la maternité, les femmes doivent quitter leurs vêtements au profit d’une blouse. Le froid ressenti, en opposition avec la chaleur du feu lors d’un accouchement à domicile, ainsi que face à l’exposition du corps nu au regard de plusieurs inconnu-e-s sont deux critiques souvent faites par les femmes[vii].

langue : dans une nation pluriculturelle où 69 langues officielles sont reconnues, les patientes et les médecins viennent parfois de contextes socioculturels très différents. Les jeunes médecins qui étudient dans les grandes villes du pays effectuent leur internat dans tout le Mexique et ne parlent souvent pas la ou les langue(s) locale(s). Le Chiapas fait également partie des Etats avec le plus grand nombre de personnes indigènes monolingues (jusqu’à 78% dans certains villages). Dans ce contexte, il est difficile non seulement de communiquer mais aussi de recueillir le consentement des patientes.

solitude : dans les maternités publiques, aucune personne n’est autorisée à accompagner la parturiente, qui se retrouve donc seule. La difficulté de communication avec le personnel de santé renforce le sentiment de solitude.

mépris socio-culturel : les pratiques médicales indigènes peuvent être moquées par le personnel de santé, ainsi que les conditions de vie des femmes pauvres. La coordinatrice de l’association OMIECH, décrivait ainsi « les médecins disent que les sages-femmes sont sales, parce qu’elles ne portent pas de gants, parce que leurs maisons sont humbles ». Certaines pratiques thérapeutiques des sages-femmes traditionnelles, comme la version céphalique externe ou l’utilisation du bain de vapeur (temascal), sont également sous le feu des critiques par le personnel médical. Lorsque les femmes arrivent à la maternité, il arrive régulièrement que le personnel leur demande si elles ont été « manipulées par une sage-femme ».

toucher vaginal : ce geste invasif, réalisé de manière routinière[viii], est celui qui ressort le plus souvent dans les récit des femmes. Pour les sages-femmes Mayas, qui en effectuent peu ou pas, ces touchers intempestifs sont agressifs, comme le décrivait l’une d’entre elles lors d’un atelier organisé par OMIECH, « [Les femmes] ne sont pas des poules, je n’ai pas besoin de vérifier si l’œuf va sortir ».

épisiotomie : les femmes que nous avons rencontrées ont éxprimé leur peur de la « petite coupure » (épisiotomie), systématique dans les maternités mexicaines. Une sage-femme Tsotsil de 70 ans décrivait les pratiques hospitalières de la façon suivante : « on te coupe, et ensuite on te coud comme un torchon ». Pour Alma, qui a accouché pour la première fois dans une clinique publique à l’âge de 17 ans, le plus douloureux souvenir a été son épisiotomie « Oui. Ça c’est le plus moche… Moi je me dis que les médecins font des épisiotomies car c’est plus facile. Mais je ne suis pas d’accord, je pense que notre corps sait ». Dans les hôpitaux publics, ce sont souvent des internes qui pratiquent les épisiotomies, certain-e-s pour s’entraîner, comme nous le confiait un médecin généraliste à la retraite.

césarienne : la « grande coupure » représente pour certaines sages-femmes une violation à l’intégrité du corps. Une sage-femme Tseltal de 70 ans nous racontait refuser de se rendre à la maternité pour donner naissance : « Je pensais que j’allais mourir, j’étais si triste. J’ai dit ‘tant pis, il vaut mieux que je meurs. Car s’ils me coupent je vais souffrir’ Je ne voulais pas me faire opérer ». Cette peur de la césarienne est également à mettre en parallèle de la plus grande probabilité (40%) qu’ont les femmes indigènes de donner naissance par césarienne, pour des raisons liées à leur participation au programme Prospera (qui médicalise toutes les grossesses) ou les biais du personnel médical, qui préfère les opérer lorsqu’elles arrivent à la clinique en début de travail, par peur qu’elles ne reviennent pas si elles sont renvoyées chez elles (les maternités manquent de place et il est fréquent de faire patienter les femmes en pré-travail (voire en phase active) de longues heures en salle d’attente, ou de les renvoyer chez elles)[ix].

contraception et stérilisation forcée : la Commission Nationale pour Prévenir et Eradiquer les Violences faites aux Femmes (CONAVIM) estime que plus du quart des femmes indigènes qui ont été en contact avec les institutions de santé auraient été stérilisées sans leur consentement[x]. J’ai recueilli des récits de contraception forcée, notamment celui d’Estela, une mère de 20 ans, à qui le personnel de la maternité publique n’a autorisé la sortie que sous condition de pose d’implant. La contraception hormonale est fortement critiquée par les sages-femmes traditionnelles. Elles accusent les hormones de rendre les femmes malades, stériles, ou de refroidir la matrice. Elles leur préfèrent les plantes médicinales, dont elles ont une connaissance extensive.

Vers une bientraitance des patientes ?

Malgré les programmes gouvernementaux encourageant les femmes pauvres à accoucher dans les maternités plutôt qu’à domicile, les sages-femmes traditionnelles accueillent toujours la majorité des naissances dans les zones rurales. La persistance de l’accouchement à domicile peut alors être interprétée comme un élément central de la reproduction physique et culturelle des communautés. Le respect de l’intégrité du corps, la communication dans la langue maternelle et l’entourage de la famille sont des éléments fréquemment évoqués par les femmes et les sages-femmes dans leur critique des pratiques hospitalières.

La loi du Chiapas condamne les violences obstétricales, mais en pratique elle est difficilement applicable. D’autres mesures sont développées afin d’améliorer les conditions d’accouchement dans les maternités publiques.

Ainsi, la formation d’une nouvelle génération de sages-femmes professionnelles amenées à être intégrées au système de santé mexicain permet de créer un pont entre les femmes et les praticien-ne-s. J’ai ainsi interrogé une sage-femme Tsotsil d’une trentaine d’années, d’abord formée dans son village comme sage-femme traditionnelle puis dans une des seules écoles de sages-femmes professionnelles du pays. Lors de son stage dans une maternité aux alentours de San Cristóbal, où les médecins ne parlaient qu’Espagnol, sa maîtrise du Tsotsil lui a permis d’expliquer les procédures aux patientes. « Il y avait beaucoup de femmes dont l’unique option était la césarienne parce qu’elles avaient des complications. Mais elles ne voulaient pas, et moi je réussissais à les convaincre, parce que c’était l’unique option pour elles, pour leur bébé ». Les femmes consentent alors aux actes médicaux après avoir reçu une explication dans leur langue maternelle, les rassurant sur leurs peurs.

Au sein des hôpitaux publics du Chiapas, les formations pour le personnel incluent une formation sur l’interculturalité, dispensée par un médecin parlant Tseltal et Tsotsil. Cette formation permet de déconstruire les préjugés sur les patient-e-s indigènes et d’améliorer leur accueil.

Enfin, l’association OMIECH milite depuis 30 ans pour la reconnaissance des savoirs des médecins indigènes et sages-femmes traditionnelles et organise des ateliers de santé communautaire afin de favoriser la transmission aux jeunes générations.

Notes

[i] Dans le Chiapas, environ un quart de la population est indigène. Les deux ethnies majoritaires sont les Tseltal et les Tsotsil.

[ii] Mounia El Kotni, « Porque Tienen Mucho Derecho. » Parteras, Biomedical Training and the Vernacularization of Human Rights in Chiapas, Ph.D. Dissertation, University at Albany, SUNY, Albany, N.Y, 2016, 295 p.

[iii] Área de Mujeres y Parteras, La Partera. Jnet’um, San Cristóbal de Las Casas, OMIECH, 1988, 9 p.

[iv] En 2014, l’Etat du Chiapas avait le deuxième taux le plus élevé de mortalité maternelle du pays, soit 68,1 pour 100 000 naissances vivantes, contre 38,1 au niveau national (avec un objectif de 22,2 fixé par les Objectifs Millénaires du Développement).

[v] Observatorio de Mortalidad Materna en México, Indicadores 2013. Objetivo de Desarrollo del Milenio 5: Avances en México, México, D.F y San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, OMM, 2015.

[vi] Mounia El Kotni, « Regulating Traditional Mexican Midwifery: Practices of Control, Strategies of Resistance », Medical Anthropology: Cross Cultural Studies in Health and Illness, A paraître.

[vii] Midiam Ibáñez-Cuevas et al., « Labor and delivery service use: indigenous women’s preference and the health sector response in the Chiapas Highlands of Mexico », International Journal for Equity in Health, 23 décembre 2015, vol. 14, p. 156.

[viii] Vania Smith-Oka, « Managing Labor and Delivery among Impoverished Populations in Mexico: Cervical Examinations as Bureaucratic Practice », American Anthropologist, 2013, vol. 115, no 4, p. 595‑607.

[ix] María Graciela Freyermuth, José Alberto Muños et María del Pilar Ochoa, « From therapeutic to elective cesarean deliveries: factors associated with the increase in cesarean deliveries in Chiapas », International Journal of Equity in Health, 2017, vol. 16, no 88, p. 1‑15.

[x] Proceso, « El 27% de mujeres indígenas esterilizadas sin su consentimiento: Conavim. », Proceso, 14 févr. 2013.

rapport HCE

[ BLOG ] Les violences obstétricales reviennent sur le devant de la scène

[article publié le 2 juillet, actualisé le 3 juillet ]

“Ca y est on reparle de ton sujet !” ainsi a commencé ma journée de Vendredi. La frénésie médiatique autour des violences obstétricales a repris – pour un instant du moins. Coïncidence, n’y croyez-pas. Le 29 juin, c’était la remise du rapport du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCE-fh) à Marlène Schiappa, Secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes. La commande de ce rapport le 28 juillet 2017 avait fait grand bruit (si vous l’aviez loupé, j’en avais fait une revue de presse détaillée). Puis quelques articles dans les mois suivant, suivi d’une hibernation (médiatique, car les militantes n’hibernent jamais), avec un réveil au printemps autour de la journée des droits des femmes le 8 mars (et entre autre un épisode du podcast La Poudre auquel j’ai participé). Et trois mois plus tard, la remise du rapport du HCE a fait revenir le sujet de plein fouet sur nos écrans (ou pas, selon les algorithmes).

Le Rapport : 10 mois de travail, 172 page, 26 recommandations

J’ai repéré une quinzaine d’articles parus le 29 juin, dont voici brièvement un tour d’horizon. Vous pouvez trouver le rapport et le détail des recommandations sur le site du HCE.

Le rapport insiste sur le caractère systémique des violences, qui ne doivent pas être perçues comme des actes isolés (ce que rappellent les Nouvelles News). TV5 Monde résume les six types de violences mises en avant par le HCE :

  • La non prise en compte de la gêne d’une patiente
  • Des propos porteurs de jugements sur la sexualité, le poids, le désir d’enfant
  • Les injures sexistes
  • Les actes exercés sans consentement
  • Le refus d’actes
  • Le violences sexuelles

Le rapport établit le lien entre ces violences et la formation “paternaliste” des médecins. Pour LCI, ce paternalisme s’illustre notamment par le manque de représentation des femmes dans les instances décisionnaires – par exemple 0 femme présente au Conseil d’Administration de l’Académie Nationale de Médecine.

Dans son article dédié à la remise du rapport, Le Monde rappelle que c’est la première fois qu’une instance officielle (et rappelons-le, indépendante) se saisit du sujet. A l’occasion de la sortie du rapport, Les Décodeurs du Monde compilent 12 articles sur les violences obstétricales, comprenant des données sur le conditions de travail (fermeture des maternités), le rôle joué par la médicalisation de la naissance, et les voix des premières concernées (témoignages de violences vécues).

Dans la présentation du rapport, la co-rapporteure Margaux Collet a insisté sur la dimension sexuelle des violences. Les violences obstétricales sont intrinsèquement liées au caractère intime de la consultation gynécologique. Une dimension que certain·e·s professionnel·le·s refusent de voir , comme illustré dans le documentaire “Paye (pas) ton Gynéco” de Nina Faure, mis en ligne quelques jours avant la remise du rapport HCE.  Dans ce court documentaire, on peut voir l’ancien président du Syndicat National des Gynécologues refuser d’employer le mot “pénétration” en référence à un toucher vaginal.

Comme les autres formes de maltraitance médicale, les violences gynécologiques et obstétricales ont un caractère individuel, et touchent aux relations entre soignant·e·s et soigné·e·s.  Libération titre “un rapport douloureux” et s’interroge à juste titre sur le devenir des plaintes déposées. L’article de Libération met en lumière une des recommandations du HCE, celle concernant les réunions de conciliation entre victimes et agresseur·e·s. Ces denrières sont toujours organisées par l’Ordre des médecins et des sages-femmes, alors que “ce mode de médiation est formellement interdit par la convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Que la France a ratifiée en 2014.” CQFD.

Dans son rapport, le HCE préconise également une campagne d’information, en particulier autour de la première consultation gynécologique. Cette vidéo d’Europe1 rappelle nos droits en tant que patientes. Par exemple, qu’un rendez-vous pour renouvellement de prescription de contraception n’équivaut pas forcément à un examen vaginal (rappel la HAS recommande un frottis tous les 3 ans et pas tous les ans, contrairement à ce qu’une campagne a tenté de nous faire croire récemment). Europe 1 toujours, dans un article cette fois, partage des outils pour agir en cas de sexisme.

Le travail scrupuleux des autrices du rapport a permis de chiffrer à 50 le nombre de consultations gynécologiques entre l’âge de 15 et 45 ans. Le Télégramme interviewe Marie-Hélène Lahaye, pour qui ce chiffre est “aberrant” pour des femmes en bonne santé. Elle pointe également un des manques du rapport, qui ne mentionne pas les difficultés d’assurance des sages-femmes accompagnant l’accouchement à domicile, un frein pour l’autonomie reproductive de certaines femmes qui souhaiteraient accoucher chez elles.

Pour lutter contre les violences, le HCE recommande de former les praticien·ne·s . Cette dimension a été reprise par l’article de France Inter et par Le Figaro – qui fait lien non seulement entre violences et sexisme mais pointe aussi du doigt une “mauvaise obstétrique.” La recommandation de former les soignant·e·s a été accueillie de façon mitigée par le corps médical. Par exemple, Mediapart a interviewé Sophie Guillaume, Présidente du Conseil des Sages-Femmes, qui rappelle que pour toucher le ventre d’une femme aussi, on demande le consentement. D’un autre côté, on trouve les propos rapportés par France Info de la Secrétaire Générale du Syngof, qui met les violences obstétricales sur le dos de l’attirance entre patient·e·s et médecins. Culture du viol, me souffle-t-on dans l’oreillette.

Les témoignages, comme ceux publiés sur le Huffington Post ou Yahoo News, rappellent l’ampleur du traumatisme que peuvent entraîner les violences. Parmi les propositions du HCE, figure ainsi la réalisation d’une enquête sur la satisfaction et pointe le manque d’information des patientes (point souligné par 20 Minutes). Avant de venir aux suites de ce rapport, j’aimerais souligner deux points d’attention.

“Violences gynécologiques et obstétricales” ou “violences sexistes et sexuelles” ?

Le rapport du HCE titre : “Les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical. Des remarques aux violences, la nécessité de reconnaître, prévenir et condamner le sexisme”. Je tiens à souligner la qualité du rapport, qui représente plusieurs mois de travail, et ne pas négliger la symbolique que représente la discussion de ce sujet dans l’amphithéâtre de l’Ecole de Médecine (où s’est déroulée la remise du rapport) et sa saisie par une instance officielle.  La remise du rapport était concise, percutante, et rythmée par des interventions extérieures du CIANE, de l’Ordre des Sages-Femmes et de l’Ordre des médecins qui étaient (presque) d’accord (pour les détails, je vous invite à jeter un oeil à mon live tweet).

Je souhaiterais partager deux points d’attention. Premièrement, j’ai été surprise de voir que le mot “violences obstétricales” n’apparaissait pas dans le document. Les “violences gynécologiques et obstétricales” sont utilisées entre guillemets soit en référence à l’émergence du terme en Amérique Latine, soit en référence à la dimension militante de cette appellation.  Le HCE préfère le terme de “violences sexistes et sexuelles” et lors de son discours la Secrétaire d’Etat a précisé qu’elle ne trouve pas la terminologie “violences obstétricales” appropriée.

Par exemple, “RECOMMANDATION 4 : Encourager la recherche académique sur les actes sexistes relatifs au suivi gynécologique et obstétrical dans les projets financés par les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur.”  Déjà, s’il y a des financements pour des recherches sur le sujet pensez à moi et aux autres chercheuses précaires, merci. Ensuite, le segment en italique n’a à mon sens pas la même définition que “violences obstétricales”, qui incluent une diversité de violences au-delà du sexisme. “Actes sexistes relatifs au suivi gynécologique et obstétrical” est une appellation dépolitisée, un choix qui peut s’entendre dans le contexte d’un rapport ministériel. A l’instar de Paye Ta Shnek qui invite à remplacer l’expression “violences faites aux femmes” par “violences masculines” qui permet de mettre l’agresseur et la culture du viol sous les feux des projecteurs et non la victime, le processus est similaire pour violences obstétricaless : la terminologie “violences obstétricales” indique le contexte et le(s) agresseur·e(s) et peut englober une diversité de violences, ce que ne fait pas “actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical.”

Ce qui m’amène à mon deuxième point. Se concentrer sur les actes sexistes permet de mettre en avant la dimension genrée de ces violences, à la fois au niveau individuel et institutionnel. Mais cela efface en même temps d’autres types de discriminations comprises dans le terme violences, comme les discriminations lesbophobes, transphobes, islamophobes ou grossophobes. Le rapport met en avant les discriminations vécues par les femmes primo-arrivantes, par les femmes lesbiennes et les remarques grossophobes. Mais, comme l’a souligné une personne lors des questions à la remise du rapport, ne sont pas évoquées les discriminations envers les personnes trans. J’avais la même remarque concernant les discriminations envers les femmes racisées et les remarques islamophobes. Dans les consultations gynécologiques ou les salles d’accouchement comme ailleurs, le racisme vient renforcer le sexisme et je trouve dommage que cette dimension du sexisme n’apparaisse pas dans le rapport du HCE, au même titre que les autres formes de discriminations évoquées dans le rapport.

Combien de fois faut-il libérer la parole ?

Pour terminer ce long post (vous êtes encore là?), je m’interroge sur les suites du rapport. Dans le live tweet animé aujourd’hui par Julie Nouvion, #RapportVOetapres, le CIANE rappelle que le rapport seul ne suffit pas, il faudra mettre en place de réelles mesures pour faire changer les pratiques. C’est aussi ce que dit Marie-Hélène Lahaye sur son blog. Mon questionnement est similaire : les mesures applicables rapidement (comme la modification du code de déontologie) le seront-elles ? Qui composera les groupes de travail annoncés par Marlène Schiappa et avec quel calendrier ? Quels fonds seront alloués pour la formation au sexisme des médecin ? Et quels critères pour les données de maternités que le HCE souhaite rendre public ?

Notre vigilance doit être accrue (citoyen·ne·s, militant·e·s, patient·e·s, élu·e·s), pour que le long travail du HCE ne reste pas lettre morte. Notre vigilance doit aussi se porter sur les appels à témoignages qui ont fleuri depuis le 29 juin. Comme celui de Néon Mag sur instagram. Depuis des années, les femmes parlent. Depuis peu, on les écoute. Un rapport d’une instance officiel vient d’être livré sur le sujet. Combien de témoignages faudra-t-il pour que les choses changent ? Pourquoi le regard ne se tourne-t-il pas du côté des professions médicales, des bonnes et des mauvaises pratiques ?

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C’est ce que questionne Cluny Braun sur son compte twitter.

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Lorsque l’on témoigne, on s’expose à re-raconter son histoire, revivre un traumatisme et être de nouveau violentées par des inconnu·e·s. Quel accompagnement propose-t-on aux personnes qui ont témoigné ? Les prépare-t-on à la violence qu’elles peuvent vivre ? Les associations comme le CIANE et l’IRASF font un travail formidable d’accompagnement et les femmes se tournent vers ces groupe afin de témoigner mais aussi souvent pour trouver du soutien. Est-ce le cas dans un témoignage journalistique ? Je pense à Sonia qui avait témoigné pour Yahoo News, et qui avait subi des réactions violentes, mais à d’autres aussi.

Si les futurs articles permettent d’apporter un nouvel éclairage sur les violences obstétricales, mettre en lumière des discriminations spécifiques, prendre un positionnement intersectionnel, bienvenue. N’oublions pas que les violences obstétricales touchent à l’intime, au sexe et à la sexualité des femmes, et que de traiter de ce sujet publiquement reste un enjeu politique.

Emma BD épisiotomie

[ BLOG ] L’épisiotomie fait la Une : Retour sur la semaine où ma veille s’est emballée

[Article publié le 31 juillet 2017, mis à jour le 7 Août 2017]

“Alors comme ça on déconnecte un peu et on se réveille avec #épisiotomie faisant les gros titres des journaux ?!” La surprise de Doulavocate sur Twitter résume bien le séisme qui a secoué le monde de la naissance la semaine dernière, suite à l’évocation dans l’enceinte du Sénat, des violences obstétricales. Pour celles et ceux qui auraient pris des vacances, je vous propose de faire le point sur cette surprenante semaine en trois actes.

Doulavocate on twitter

[Les sources de cet article proviennent de mes alertes Google et feeds twitter et Facebook, qui n’a pas vocation à être exhaustif. N’hésitez pas à me signaler tout article paru depuis le 20 juillet et que je n’aurais pas cité dans la partie commentaires, avec la date de parution et le lien.]

Prologue

L’apparition sur la scène politico-médiatique des violences obstétricales est le fruit de plusieurs années de travail par différent.e.s acteur.rice.s, comme le CIANE (Collectif InterAssociatif autour de la Naissance), les réseaux sociaux (groupe Faceboook Stop à l’Impunité des Violences Obstétricales (Sivo), hashtag #PayeTonUtérus sur Twitter), le blog de Marie-Hélène Lahaye (Marie accouche là), le groupe Gyn & Co et de journalistes. D’ailleurs, le 17 juillet, soit quelques jours avant les déclarations de la Secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les Femmes et les Hommes, l’émission Le Débat de Midi sur France Inter portait sur la maltraitance médicale (avec Marie-Hélène Lahaye, Odile Buisson et Dominique Dupagne). L’attitude d’Odile Buisson lors de ce débat illustre deux tendances que l’on retrouve dans les articles ci-dessous, soit la remise en cause de la parole des femmes et le renversement de situation, en focalisant le débat sur la maltraitance envers les soigant.e.s. Pour deux critiques élaborées du débat, je renvoie vers les posts de Marie-Hélène Lahaye et Martin Winckler.

Acte I : l’audition de Marlène Schiappa et la commande au HCE-fh

Tout commence le Jeudi 20 juillet. Lors de son audition par la Délégation Droits des Femmes au Sénat, Marlène Schiappa évoque les violences que vivent certaines femmes lors de leur accouchement et annonce qu’elle a commandé un rapport au Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCE-fh) sur le sujet (à 9min50 de la vidéo). Elle mentionne 75% d’épisiotomies, mais n’explicite pas qu’elle se réfère-là à une enquête menée par son association, Maman Travaille, auprès de près de 1000 femmes. Comme on peut le constater sur mon graphique, l’annonce n’est pas immédiatement suivie d’un emballement médiatique (j’ai classé cette annonce dans communiqué de presse (CP), pour faciliter la lecture).

Donc au final, tout commence vraiment le Lundi 24 juillet, suite au communiqué de presse publié sur le site du Secrétariat. Une polémique naît notamment grâce à la réponse quasi immédiate et pleine de bienveillance du Conseil National des Gynécologues et Obstétricien.ne.s es (CNGOF), communiqué qui est repris par une dépêche AFP. Vous pouvez lire le communiqué du CNGOF en entier ici (spoiler: pas de remise en cause des pratiques). Dans la soirée, Le Monde publie le premier article sur la guerre des chiffres, soit le faux désaccord sur le nombre de périnées coupés.

Acte II: la controverse des chiffres

Le 25 juillet, on le voit sur le graphique, c’est l’explosion médiatique. C’est le jour où le plus de papiers sont publiés. La plupart des articles sont explicatifs, définissant ce que sont les violences obstétricales et/ou l’épisiotomie (FranceTv infoRMC) et abordant souvent la question de la fréquence des épisios (Libération ;20 minutes ; Le Monde/ Les Décodeurs ; LCI).

Le même jour, l’interview d’Israël Nisand sur BFM nous montre qu’on est loin d’une remise en question de la relation soignant.e.s – soigné.e.s, tandis que France Bleu en profite pour nous rappeler qu’à la maternité de Besançon, le taux d’épisiotomie est de 1% (oui, c’est possible).Sur FranceInter Israël Nisand frappe encore en qualifiant Marlène Schiappa de “populiste”. Dans son communiqué de presse, l’Institut de Recherche et d’Action pour la Santé des Femmes (IRASF) se réjouit quant à lui de la commande du rapport au HCE-fh.

Peu d’articles datés du 25 juillet donnent la parole aux femmes, sûrement en raison du temps pour récolter les témoignages. Le seul qui apparaît est celui de FranceTv Info, publié en 2016 et actualisé ce jour-là. Pour l‘Express et sur son blog, Marie-Hélène Lahaye explique l’importance que revêt l’emploi de ce terme au niveau politique. Un article du lendemain de Femme Actuelle reprend aussi des témoignages de femmes publiés plus tôt dans l’année dans la presse et sur Facebook (Paye ton Gynéco et le Sivo).

Le 26 juillet, on continue avec les débats autour des chiffres (Public Sénat). Israël Nisand, qui avait décliné l’invitation à débattre sur France Inter le 17 juillet (cf début de cet article), accepte celle de RMC, pour (surprise) continuer à ne pas écouter les femmes. Ce même jour le SYNGOF publie un communiqué de presse appelant à la démission de Marlène Schiappa. De son côté, Atlantico publie une interview d’Odile Buisson qui juge que les violences obstétricales sont un “phénomène exagéré”. A contrepied, deux interview, celle de Martin Winckler dans Ouest France (qui propose de voir l’épisiotomie comme une mutilation sexuelle) et celle de Clara de Bort dans Marianne (qui rappelle que les personnes à utérus ont aussi des cerveaux) viennent apporter un débat de fond sur le traitement des femmes et de leurs corps. Consoglobe se réjouit de la “levée d’un tabou”, et inclut dans son article la vidéo de Draw My News qui explique en dessins ce qu’est l’épisiotomie.

Acte III: la parole aux femmes

Le 27 juillet, dans son communiqués de presse, le Conseil National de l’Ordre des Sages-Femmes (CNOSF) se félicite du rapport commandé par la Secrétaire d’Etat. En revanche, sur France Inter, l’invitée de 7h50 Ghada Hatem tient la ligne du discours CNGOF en ne remettant pas en cause ses pratiques et déconsidérant l’expérience des près de 750 femmes interrogées par Maman Travaille qui ont subi une épisiotomie. Dans l’Humanité,  Marie-Hélène Lahaye s’interroge quant à elle sur l’impact aux violences obstétricales sur la vie des femmes, notamment en termes de stress post-traumatique.

C’est à partir de ce jour que les paroles des femmes prennent plus d’ampleur dans les medias. Slate se pose la question du consentement et Cheek Magazine nous conseille fortement la lecture de l’article de FranceTv Info susmentionné (25 juillet).

Le 28 juillet, le communiqué de presse du CIANE conclut que les bourdes sur les chiffres peuvent être utiles en politique. Un article de RTL Girls explicite les différentes formes de violences, à l’aide de témoignages. Les témoignages de femmes sur la violence obstétricale (Ouest France) croisées d’interview de médecins (Clara de Bort pour Marianne ; Nesrine Callet également pour Marianne), mettent en lumière les expériences  douloureuses des femmes pendant leur accouchement. A cette occasion, la BD d’Emma sur l’épisiotomie de son amie Cécile (parue en 2016) resurgit via une interview sur LCI (j’en profite pour la remercier de m’avoir autorisée à utiliser une des planches pour illustrer ce post).

La semaine continue et le 29 juillet, RTL Girls fait le point sur la polémique un article en Anglais dans the Times aborde la polémiques des chiffres de l’épisiotomie, mais surtout pour s’en prendre à la Secrétaire d’Etat sur d’autres sujets. Et sur la page Facebook de la maternité de Nanterre, Benoît de Sarcus se retranche derrière un discours sur le risque, lui qui dans l’article de FranceTV Info du 25 juillet dénonçait la pratique de l’épisiotomie.

Pour clore cette semaine incroyable, le 30 juillet le Journal du Dimanche publie une tribune de Marie-Hélène Lahaye, en face de celle du SYNGOF. Les divergences sont toujours là, tant il semble impensable que les femmes puissent exercer un contrôle sur leur propre corps. La bataille de pouvoir autour du sexe des femmes continue, espérons que le futur rapport du HCE-fh permettra, au-delà des chiffres, d’amener un débat de fond sur les pratiques en salles de naissance.

graphique épisiotimie media France 21 juillet 06 août
L’épisiotomie dans les medias du 20 juillet au 06 août

Acte IV: le tweet de la relance

Une nouvelle semaine, une nouvelle polémique (même si l’emballement médiatique est moins important, comme on peut le voir sur le graphique). Le 1er août, Marie-Hélène Lahaye (oui, toujours) publie sur Twitter la photo d’un extrait du livre les Paresseuses, partagée dans le groupe Facebook SIVO. L’extrait en question explique aux femmes enceintes que durant leur accouchement leur “intimité va se transformer en hall de gare”, les conditionnant ainsi à subir des violences. Ce tweet est partagé plus de 800 fois. LCI publie immédiatement un papier. L’information est reprise le lendemain par le Huffpost, BFMtv et Femme Actuelle.

Cette polémique relance le débat sur les violences obstétricales, et le 2 août le Nouvel Obs publie une interview avec Sarah Lahouari, co-fondatrice de Paye ton Gynéco sous le titre “Il faut arrêter l’omerta”. Le même jour sur le site de Neon Mag Didier Riethmuller répète que l’épisiotomie ne devrait pas être automatique, tout en rêvant d’une France qui serait le modèle à suivre en termes de pratiques gynécologiques (spoiler: on n’y est pas encore).

Le 3 août, pour la première fois les violences obstétricales sont évoquées sur une chaîne d’information; BFMtv partage le témoignage d’une mère et une interview de Mélanie Dechalotte. Pour les militantes, c’est un moment historique. Il reste cependant du chemin à faire puisque le lendemain, 4 août, Capital pose la question de la maltraitance gynécologique, mais y répond en Oui/Non/Peut-être, ce qui revient à remettre en cause la parole des femmes.

Je termine sur un appel à témoignages pour Le Monde. Si vous souhaitez partager votre histoire, c’est PAR ICI.  [On signale un dysfonctionnement sur la plateforme, n’hésitez pas à écrire au Monde sur Facebook ou Twitter si c’était le cas].

Épilogue: internationalisation des débats

Le débat autour de l’épisiotomie et des violences obstétricales a résonné au-delà des frontières françaises. Le 29 juillet, soit dès la première semaine où le sujet est fortement médiatisé en France, la question s’invite en Belgique. Le Soir publie une interview de Marie-Hélène Lahaye et Fabienne Richard (directrice du Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles) sur l’épisiotomie. Le même jour, DH.be publie des témoignages de violences obstétricales (d’ailleurs le titre est quasi identique à l’article de France Info “quand l’accouchement vire au cauchemar”). Le 31 juillet c’est le journal néerlandophone De Morgen qui publie aussi un article sur le sujet.

Enfin le 6 août Yabiladi.net se demande ce qu’il en est au Maroc, où la pratique semble également banalisée. Dommage que la sage-femme interviewée s’intéresse plus aux risques d’une épisiotomie mal faite/recousue plutôt que d’interroger la pratique en elle-même.

Espérons que le débat continue, et permette de recueillir des statistiques en France, en Belgique et au Maroc, et à interroger encore et toujours la nécessité de l’épisiotomie et à dénoncer les actes non consentis.